Derrière la parole
J'ai grandi avec des voix qui racontaient le monde bien avant que je n'ouvre mon premier ouvrage : les lectures à haute voix de ma grand-mère, les contes de ma tante, les histoires inventées avec mes cousin.e.s et mon frère... Dès que j'ai appris à lire, les livres sont devenus une échappatoire pour oublier la maladie, puis une armure pour prendre ma place et habiter le monde. A l'époque, le monde c'était la maison de ma grand-mère à Conakry, le chemin de l'école et les weekends chez tel ou tel parent. Je lisais partout : dans le lit, sous le lit, dans le dressing, aux toilettes, à la véranda, sous le manguier, sur le chemin de l'école, en classe, dans la cour de récréation...
En grandissant, le monde s'est élargi pour inclure Dakar, Accra, Marseille et maintenant Paris. Ma lecture lui a emboîté le pas en explorant les écrits d'Afrique et d'ailleurs. Chaque lecture ouvrait mon monde sur un autre plus grand et l'exaltation d'apprendre, de m'imprégner en était plus vive. Lire m'apaise, m’enthousiasme, m'inspire et me donne envie de partager. En 2019, je lançais kumalafọlọ avec une intuition : celle que les livres n'étaient pas faits pour rester sagement alignés sur une étagère, mais pour être bus, discutés et vécus.
C'est jouissif d'écouter les autres parler de leurs émois littéraires mais aussi de leurs coups de gueule et leurs déceptions. Au fil des rencontres, j'ai réalisé que faire communauté avec des lectrices et lecteurs est parmi les choses qui m'apportent les plus grandes joies.
Après une parenthèse de quatre ans, un temps de décantation nécessaire, je dresse à nouveau la table. Ni critique, ni professeure, je me vois plutôt comme une curatrice d''instants de gourmandises littéraires. Mon rôle est de préparer l'écrin : dénicher le lieu qui nous accueillera, veiller à ce que l'apéro soit aussi savoureux que la palabre qui l'accompagne.
Je suis ravie de vous ouvrir les portes de ce nouveau chapitre. Prenez place, la discussion ne fait que commencer.
Marguerite

Enregistrer un commentaire