01 mars 2022
25 janvier 2022
Paris est comme cette personne dont mes amies me disent plein de bonnes choses, après quelques sorties, je commence à l'apprécier sans me laisser convaincre pour l'instant. Continuons la découverte, histoire de prolonger la phase de séduction et se donner le temps de décider.
Cela fait maintenant deux mois et demi que j'habite ici et mon comité d'accueil inclut les longs trajets au travail, un pickpocket qui se rappellera de mes poings, des pistes cyclables comme jamais je n'en ai eu à Marseille et le soleil qui passe son temps à bouder derrière les nuages. Alors, à défaut de lever la tête vers le ciel bleu, je la plonge dans les livres que je dévore dans le métro. Durant mes derniers mois à Marseille, j'avais perdu le temps ou l'envie de lire. Et en passant de 10 min cyclistes au soleil à 50 min de métro dans la grisaille, j'en suis à mon 5e livre depuis mon arrivée ici. Some silver lining!
Je me suis lancée dans cette aventure ambigüe avec Cheikh Hamidou Kane. Arrivée au 7e ciel, mon nouveau chez moi, c'est Tierno Monenembo qui m'a souhaité la bienvenue. J'avais manqué plusieurs rendez-vous pris avec lui de longue date, mais là il m'est tombé dessus comme un coq cubain qui chante à minuit. Puis, j'ai entamé de découvrir les parisiens et leurs pas pressés avec Debout-Payé. Dans cet engouement, je me suis retrouvée au bar Le Crédit A Voyagé et l'ivresse des mots ne me quitte plus depuis. Il est clair qu'ici je suis noire et j'aime le manioc où que je sois, alors j'ai un peu de mal avec Gaston Kelman. Mais je continue la conversation quand même, car elle m'apprend d'autres façons d'être noir(e), de le vivre et d'être vu comme tel(le).
J'ai fait le pari d'élargir ma zone de confort en venant vivre à Paris. J'espère apprendre de nouvelles choses, d'autres façons de voir et refaire le monde. J'ai surtout cette l'impression que le meilleur est à venir et pour cela mes bras sont déjà grand ouverts.
27 février 2021
'I am living vicariously through you', une amie me faisait toujours rire quand elle disait cela! C'était souvent dans une situation où l'on venait de se raconter les derniers potins de nos vies, des exclamations, des rires, des souhaits pour l'avenir... Vicariously, j'avais toujours associé ce mot aux moments de joie partagée, à l'empathie pour le bonheur que l'autre ressent. Je n'avais pas réalisé que tant d'empathie pour les émotions des autres signifiait les ressentir toutes, joyeuses, tristes, effroyables.
La dernière semaine de mai 2020, George Floyd appelait sa mère à l'aide dans une agonie qui a secoué le monde. J'ai entendu, mais je n'ai pas voulu écouter, car j'ai pensé pouvoir ériger une barrière d'insensibilité, comme face à d'autres atrocités qui font la une. J'ai pensé que cela allait passer comme on finit par oublier la misère des autres. Cette semaine-là, sous un soleil méditerranéen des plus radieux, entre apéros, piques-niques et soirées jeux, j'ai essayé de taire cette rage, cette frayeur et cette profonde tristesse en moi. Je m'étais interdite d'en parler au travail, j'ai évité tant bien que mal d'en parler à mon entourage. Mais une semaine plus tard, 8 minutes et 46 secondes après, c'est avec la plus grande peine que j'inspirais à nouveau, retenant mes larmes.
La première semaine de juin, ma sœur d'une autre mère est venue me rendre visite et dans nos retrouvailles, elle a partagé avec moi un moment marquant de sa vie, me poussant à me remémorer les miens. Je me suis sentie honorée de la confiance qu'elle me fait, je portais avec elle ce fardeau et ensemble nous en devenions plus fortes. Toutefois, à son départ, la solidarité a laissé place au regret, à la culpabilité, à la solitude d'une douleur profonde qui ne pouvait plus être contenue.
Lire pour moi c'est comme écrire, c'est se regarder dans un miroir pour se révéler à soi et au reste du monde. J'ai évité de toutes mes forces de ressentir les choses et eu la possibilité de me plonger dans le travail pour noyer cette peine qui n'en finissait pas de me ronger de l'intérieur. Je venais de terminer Wild Seed et, malgré la lueur d'espoir qui clôturait ce livre, je n'ai pas pu m'exprimer sur l'oppression d'Anyanwu via un article. J'ai alors commencé Les Soleils des Indépendances en espérant y retrouver l'humour noir d'Ahmadou Kourouma, mais c'était sans compter sur l'épouvantable expérience de la belle Salimata. Alors j'ai arrêté de lire, tout simplement.
Décidément, tout l'univers s'était mobilisé pour me faire crever l'abcès. Et pour que tout cela sorte, j'ai eu le privilège d'avoir une famille, des ami-e-s et un psychologue qui sont venu-e-s à ma rescousse et ont marché avec moi pour traverser cette piste tortueuse. Peu à peu, j'ai recommencé à lire, d'abord des articles sur des thèmes positifs, puis des contes, ensuite j'ai dévoré les 3 tomes de La Vie d'Ebène Duta. Ils m'ont rappelé mes années étudiantes, les situations gênantes et celles rigolotes, les moments BFF... Quel régal de pouvoir à nouveau rire aux éclats et profiter des petites joies!
Mais il fallait plus pour redonner du goût à la sauce. Je suis donc partie voir ma famille sous la pluie, à la neige, dans la lagune et sur l'autre rive. Et c'est remontée à bloc, pleine de gratitude et d'entrain que je reviens à kumalafôlô pour continuer avec vous cette aventure livresque. Aza aza fighting!
13 juin 2020

Women belong in all places where decisions are made.
19 mai 2020
13 avril 2020
Eïram m’a regardéHappée par tant d’intensité, je suis restée debout près de l’étagère à dévorer ce recueil de poèmes. I20 ans plus tard, je relis ce recueil et réalise que bien des femmes ont fasciné Cheik Aliou Ndao, on les retrouve dans Pour Inès, Viana, Charavines, Tresses, … mais je dois dire que celles de Alger 56 ont fait résonner quelque chose en moi. Je ne connais pas l’histoire de l’Algérie, encore moins la guerre de libération du joug français, et je me dis que ces trois prénoms évoquent le courage et le sacrifice que l’on retrouve derrière le drapeau algérien.
Et ma vie s’immobilise
Comme un palmier dans l’oasis
De ses yeux
Je suis le Bédouin de son désert
L’Idiot du village
La bouche pleine de bave
Je balbutie son nom
AïchaEt juste après, on a mon deuxième favori de Mogariennes, Hello Joe. Il critique particulièrement l’impérialisme étasunien mais plus largement la domination occidentale qui se veut insidieuse et frontale, puritaine et donneuse de leçons. Cheik Aliou Ndao y décrit cette hypocrisie du bienfaiteur pilleur qui n’a de souci que se remplir les poches au point de se retrouver lui-même esclave de sa cupidité. Nous nous quittons donc avec ce bénédicité qui fera des émules à table !
Yasmin
Maïmoun
Trois ombres voilées sur un mur
Béret Rouge
Sentinelle
Para
Feu sur les formes
Couvre-feu sur le crime
Trois ombres au bas du mur
Trois soeurs dans le sang
Aïcha
Yasmin
Maïmoun
Seigneur Dollar qui êtes aux CieuxBon appétit !
Que votre nom soit thésaurisé
Que votre règne arrive
Que votre volonté soit faite sur la terre
Comme au coffre-fort
Donnez-nous notre dollar de tous les jours
Pardonnez-nous nos dollars comme
Nous nous pardonnons de les avoir dérobés
Depuis trois siècles chez les Indiens
Et les Nègres
Mais ne nous délivrez pas du dollar
Ainsi Dollar soit-il
01 avril 2020
Tu es la graine que j’ai choisie de semer.
Je veux une bonne récolte, dans un avenir proche.
Je te veux graine de qualité,
Exempte de maladie, et d’ignorance,
De perversité et de drogue,
Consciencieuse et valeureuse!
Ta petite main tendue me fend le cœur,
Ton regard pourtant malicieux,
Mais vide et fixe m’écœure.
Ton crâne teigneux et tes bras à la peau striée m’irritent,
Tes pieds fendillés et tout ton corps calleux me rident,
Tes guenilles toutes faites de saleté m’intriguent.
21 mars 2020


30 janvier 2020
Une partie des capitaux s’est retrouvée sur des comptes privés dans les mêmes banques qui avaient consenti ces prêts au départ.
26 décembre 2019
Pourtant chacun doit savoir que toute heure a une limite, même l’hospitalité. Donner tout et rester nu, c’est plus que de l’imprudence, c’est de l’imprévoyance.
28 novembre 2019
Boys who had grown up watching Sesame Street, reading Enid Blyton, eating cornflakes for breakfast, attending the university staff primary school in smartly polished brown sandals, were now cutting through mosquito netting of their neighbors’ windows, sliding out louvers, and climbing in to steal TVs and VCRs.
Ujunwa felt a self-loathing burst open in the bottom of her stomach. She should not have laughed when Edward said “I’d rather like you to lie down for me.” It had not been funny. It had not been funny at all. She had hated it, hated the grin on his face and the glimpse of greenish teeth and the way he always looked at her chest rather than her face, the way his eyes climbed all over her, and yet she had made herself laugh like a deranged hyena.
Edward chewed at his pipe thoughtfully before he said that homosexual stories of this sort weren’t reflective of Africa, really.
“Which Africa?” Ujunwa blurted out.











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